Publié le 3 septembre 2026
Infirmière de nuit à Cran-Gevrier, envie d'un complice
Ma semaine est à l'envers : je dors le jour et je veille les patients quand tout le quartier dort. Ce soir je suis en repos, et c'est presque pire, parce que mon corps reste réglé sur l'heure des perfusions. Alors j'écris. Je suis infirmière de nuit à Cran-Gevrier, trente-six ans, plutôt rieuse, et j'en ai assez de passer mes nuits libres devant des séries. Ce qui m'empêche de dormir, c'est le manque d'une présence, d'une voix grave au creux de l'oreille et d'une peau contre la mienne quand l'horloge affiche deux heures. Il me faut un complice qui vit lui aussi à contretemps, qui ne s'étonne pas d'un rendez-vous à minuit et qui sait se faire doux. Confie-moi l'heure exacte où ton sommeil capitule, on verra si nos insomnies s'accordent.






